Galères de Coiffeuse en Chaîne.

Quand tu obtiens enfin ton CAP Coiffure pour exercer le métier qui t’intéresse, après énormément de stress, de remises en question, de révisions intensives, de conflits de nanas, tu penses généralement que le plus dur est fait, que tu trouveras le salon de tes rêves et que le meilleur est encore à venir.

C’est FAUX.

Je n’ai pas pour but de démotiver les jeunes qui apprennent le métier, mais finalement le plus dur est après l’obtention des diplômes. J’ai obtenu mon CAP en 2013, après 10 mois de « stage » dans un salon ou j’étais en fait exploitée. 4 ans après, je sors enfin la tête de l’eau et j’ai enfin du travail. J’en ai pourtant fait des salons, signé des contrats … Quand tu débutes, souvent tu vas dans des chaînes très connues pour te faire de l’expérience quand tu n’as pas trouvé de patron pour poursuivre tes études.

J’ai travaillé dans 3 franchises très connues, je ne citerai aucun nom. Mais dans ces trois franchises, je n’ai connu que des galères, et j’ai envie de vous en parler aujourd’hui.

Première expérience en chaîne,
Durée: CDD de trois mois, avant de finaliser sur un contrat d’apprentissage.
Août à Octobre 2014.

Je me suis retrouvée dans une situation super délicate, et il me fallait de toute urgence un 35h pour pouvoir payer mon premier loyer seule, car je m’étais engagée pour un appartement alors que je n’avais pas de travail. J’ai donc lancé des dizaines et des dizaines de CV tels des bouteilles à la mer, sans trop d’espoir.

Cette franchise m’a rappelée dès le lendemain de ma candidature pour un essai le surlendemain. L’essai s’était très bien passé, le courant avec l’animatrice réseau également. J’ai commencé à travailler quelques jours après.

Les premières semaines tout se passait très bien. Je m’entendais plutôt bien avec tout le monde, jusqu’au jour où j’ai appris qu’on était deux embauchées en CDD cet été la, et qu’il n’y avait qu’une seule place pour le brevet. On était en concurrence directe, on nous le rappelait sans cesse et ça a commencé à me bouffer petit à petit.

Les rapports ont commencé à se dégrader, donc ma santé à commencé à décliner petit à petit, jusqu’à ce que j’ai pris pour le point de non retour. Un jour que j’étais venue travailler alors que j’étais un peu malade, je suis devenue aphone, j’avais du mal à respirer, je me suis engueulee avec une cliente qui a été affreuse avec moi et qui me prenait pour une debile parce que je respirais fort et que je n’arrivais pas à parler. J’ai commencé à m’etouffer, j’avais les lèvres bleues, et j’ai écrit un papier à mon manager pour qu’il appelle Yann pour qu’il m’emmène aux urgences. Il a fini par le faire, et le temps qu’il arrive il m’a laissée m’étouffer toute seule sans veiller à ce que je ne fasse pas un malaise ou un autre truc glauque dans le genre. On a passé la moitié de la nuit aux urgences. Il s’est avéré que j’étais un peu trop malade pour aller travailler, mais surtout que j’avais fait ma première grosse crise de spasmophilie à cause du stress.

Quand je suis revenue au travail, les remarques n’ont pas arrêté, empirant mon état. Et quelques jours après, on m’a finalement appris qu’on ne me garderait pas pour passer le Brevet Professionnel, je n’avais même pas assez cotisé pour avoir droit au chômage, je me retrouvais dans la grosse galère.

Une semaine plus tard, fin octobre, je découvre un courrier que j’avais oublié d’ouvrir. Ce salon m’avait inscrite à l’école pour l’apprentissage de deux ans. J’avais raté la rentrée sans le savoir. Quand j’ai rappelé l’école pour leur demander des renseignements, l’école m’a dit que la franchise avait annulé mon inscription. Il était trop tard pour faire quoi que ce soit.

Deuxième déception en chaîne.
Durée: 3 mois, en CDI.
Mai à Août 2016.

Je cherchais un travail alimentaire, à notre retour de voyage et en prévision d’un éventuel déménagement. Je ne cherchais pas le salon dans lequel j’allais rester éternellement. J’avais été pistonnée par une ancienne amie qui avait passé son CAP avec moi, et tout se passait bien, jusqu’à ce que je rencontre l’esthéticienne qui travaillait avec nous.

Le règlement du salon était très strict, nous étions surveillées en permanence, et je le respectais à la lettre. L’esthéticienne, elle, n’en avait rien à faire et passait son temps à me dénigrer, me bousculer et m’humilier devant les clients. J’ai fini par en parler à la direction qui n’en avait rien à faire. Ils n’étaient pas sur place, on faisait du chiffre quand même, donc pour eux pas de problème. Donc le calvaire à continué, jusqu’à ce que Chéri ait du nouveau sur sa situation professionnelle, et qu’on doive partir sur Toulouse. J’en avertis directement ma manager et le siège pour voir pour une éventuelle mutation pour moi. La nouvelle n’est pas bien passée du tout tant au siège qu’à ma manager. On réussit quand même à trouver un terrain d’entente sur rupture conventionnelle après de longues négociations (forcément, eux voulaient me faire travailler jusqu’à la veille du déménagement alors que c’était impossible pour moi).

La veille de mon dernier jour, le mari de cette manager m’a pris en grippe et m’a envoyé une montagne d’insultes, comme quoi je n’étais pas honnête, que je faisais un sale coup à E., que je ne savais pas travailler, que les coiffeurs et les clientes que je rencontrerai à Toulouse subieraient mes soit-disant carnages… Il m’a complètement démolie alors que je ne lui avais rien demandé, que je n’avais rien fait de mal et que j’avais fait les choses proprement avec le siège. J’avais juste reproché à cette manager que c’était degueulasse d’avoir pris une amie à moi en essai sans avoir prévenu le siège ni l’avoir payée. Je ne suis pas allée travailler pour mon dernier jour, je n’étais pas en état de les revoir le lendemain après ça.

Troisième déception.
Durée: 10 mois.  (7 mois en contrat BP, 3 mois en CDD)
Septembre 2016 à Juillet 2017.

La dernière et sans doute la plus difficile. J’ai fait deux salons de la même enseigne.

Dans le premier salon:
Je suis super heureuse, j’ai enfin pu décrocher un contrat pour passer mon Brevet Professionnel. Tout se passe à merveille le premier mois, les photos de mon travail circulent sur les réseaux sociaux de l’enseigne, les formateurs m’ont à la bonne, je suis ultra rentable, j’ai ma clientèle, des super notes au CFA, et des primes parce que je dépasse les objectifs. Tout me sourit.

En Novembre, mon dos me joue un sale tour et je suis arrêtée une semaine à cause d’un lumbago. Les conditions de travail en rush permanent et mon dos m’ont joué un tour qui m’oblige à être immobilisée pendant une semaine. À mon retour, plus rien n’a été comme avant: on ne me mettait absolument plus de rendez vous sur ma colonne dans le planning, sauf pour quand les autres employées allaient manger. Donc je m’occupais exclusivement des sans rendez vous et des rendez vous pris pendant les heures de repas. Je ne mangeais plus. Les grosses techniques (meches, ombrés…) étaient réservés à mes autres collègues. On ne me laissait plus rien faire. Meme ma tutrice d’apprentissage refusait de me former, parce que « on a trop de monde, j’ai pas le temps, ça me fait perdre du temps ». Donc je n’étais au final simplement qu’une employée pas chère, qui enchaînait les heures non payées et non rattrapées pour faire le meme travail que tout le monde. La situation a commencé à vraiment m’énerver.

En janvier, stress et fatigue oblige parce que je n’avais jamais deux jours de repos consécutifs, mon dos a recommencé a me la faire à l’envers, et j’ai été arrêtée deux semaines. J’ai essayé tant bien que mal d’aller travailler mais je ne pouvais même plus marcher. À partir de la, les séances de kinésithérapie sont devenues presque quotidiennes, avec des médicaments qui me shootaient en plus. Quand je suis retournée travailler, c’était encore pire: on ne m’adressait même plus la parole. J’ai donc demandé une réunion avec la manager et l’animatrice réseau, histoire de mettre le doigt sur les problèmes et les résoudre. Elles ont fait mine de comprendre mais aucune amélioration n’est venue.

J’ai fait mon burnout en février. J’ai littéralement pété les plombs face à une cliente qui m’a insultée. La manager et l’animatrice réseau ont pris la défense de la cliente qui m’insultait, alors que je lui avais seulement coupé sa frange et qu’elle faisait que me faire des remarques négatives. J’en ai eu marre, j’ai attrapé mes affaires et je suis partie. L’animatrice réseau à tenté de me rattraper pour discuter. Je l’ai écoutée mais elle n’était pas dans mon camp et à continué à m’enfoncer. Donc j’ai eu droit à « vous êtes une hystérique », « vous devez changer de métier » et plein d’autres compliments de la sorte. « Je vous souhaite bonne continuation. » « Et bien pas moi, salut! »

J’ai directement averti le siège du problème, et ils ont été super et à l’écoute, et ont tout fait pour me mettre ailleurs. J’ai travaillé un mois dans un de leurs salons école ou je me suis vraiment éclatée, mais je ne pouvais pas rester la bas parce que niveau contrat et objectif et plein de trucs chiants, je ne pouvais pas. On m’a donc orientée vers un autre salon de leur enseigne, tout beau tout neuf qui allait ouvrir très prochainement, dirigée par une petite jeune.

Deuxième salon.
J’avais déjà des aprioris pas forcément positifs à propos de la responsable, car je l’avais déjà croisée plusieurs fois et je ne l’avais pas toujours trouvée très correcte dans ses attitudes, mais bon, fallait bien que je travaille et que j’aille quelque part. J’avais en tête l’idée que rien ne pouvait être pire que le salon duquel je sortais.

Elle n’a pas pu me prendre en contrat d’apprentissage mais seulement en CDD 6 mois avant de passer à un CDI. Cela voulait dire arrêter le BP, et je l’ai très mal vécu. J’avais toujours la possibilité de le passer avec une école à distance et en candidat individuel, mais pour le principe je l’ai vécu comme un échec. Ça m’a énormément marquée.

Des le début je n’ai pas supporté l’apprentie. Elle était en première année de CAP. Elle a encore énormément de choses à apprendre, mais aucun savoir vivre devant les clients, aucun professionnalisme et beaucoup de vulgarité. Le genre d’apprentie que tu essayes d’aider quand elle fait une enorme erreur sur une cliente, et qui t’envoie bouler en « non je sais ce que je fais », « toi tu fais de la merde, t’es pas mon maître d’apprentissage donc je m’en fous et je te fais pas confiance ». OK. Le genre de personne qui juge les autres sans les connaître, qui a osé me traiter de raciste devant tout le monde et j’en passe. Et la responsable dans tout ça? Elle s’en foutait, et préférait se cantonner à faire sa petite chef à donner des ordres et se la couler douce et à me laisser galérer avec ce phénomène. On me promettait un poste de manager, mais je n’y croyais pas.

À force de me faire rabaisser plus bas que terre, dans un salon avec une clientèle très cheap et mauvaise, dans un des quartiers les plus dangereux de Toulouse, j’ai commencé une dépression. J’ai fait ce que j’ai pu pour m’en sortir, je suis allée voir des médecins, pris des antidépresseurs pour m’aider à tenir. Et tout ce à quoi j’ai eu droit, c’est d’être malade à cause du médicament que je ne supportais pas (je te passe les détails mais j’étais vraiment dans un sale état) et me faire engueuler à cause de ça. J’ai eu droit à toutes sortes de manipulations aussi perverses les unes que les autres (techniques de culpabilisations entre autres…), des ordres insensés, et surtout réaliser les caprices d’une fille à papa.

Lors d’une enieme dispute, je lui ai demandé une rupture anticipée de CDD parce que je ne pouvais plus supporter l’ambiance malsaine de ce salon.


Évidemment je pense que ça ne vaut pas pour toutes les chaînes. Mais celles dans lesquelles je suis tombée, c’était exactement ça. C’est la loi du plus fort. C’est la seule en vigueur d’ailleurs, parce que si tu as le malheur de dire que tu as des droits on t’enfonce encore plus.

Au jour d’aujourd’hui, je travaille dans un nouveau salon cool, dans lequel je peux être qui je suis, avec une clientèle au top et avec une petite équipe géniale, à quelques minutes à pied de chez moi, avec des produits naturels et je vais même apprendre la coloration végétale. Adieu les chaînes et leurs principes à deux balles 👋🏼👋🏼


Edit 30/08/2017: Je subis en fait les humeurs de ma patronne avec un licenciement abusif par son manque de justification, qui risque de finir en procédure. Comme quoi, que ce soit en chaîne ou en salon indépendant, la coiffure est truffée de pourritures, et trouver le salon idéal avec la bonne direction et la bonne connaissance des lois est un combat permanent. Je ne modifierai pas mes écrits car je les ai pensés et je les pense toujours, pour la plupart. Mais je tiens à ajouter cet évènement, car finalement on n’est jamais sûr de rien, et qu’il y a énormément de magouilles dans le milieu de la coiffure. En 5 ans, je n’ai connu qu’un seul salon qui a été entièrement réglo avec moi.

12 réflexions sur “Galères de Coiffeuse en Chaîne.

  1. J’ai travaillée dans une grande chaine aussi et j’ai eu des soucis aussi mais différents que les tiens.. Moi ils ne voulaient pas me laisser partir car pour eux je ne devait pas aller dans les petits salons.. Pour eux j’étais un bon élément alors ils m’ont foutu la misère mais bon.. Tu sais il n’y à pas de petits salon. J’aime l’artistique moi j’aimerai réussir dans ce monde la et des personnes qui travaille dans leurs salons mont mieux appris que eux. En tout cas j’espère que maintenant tu es heureuse dans ton nouveau salon 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Chaque situation est différente. Je n’ai parlé que de mes expériences en chaine, mais j’ai travaillé dans des salons indépendants et ça n’a absolument rien à voir, et la ou j’ai le plus appris c’était chez des indépendants. Comme quoi tout change d’une personne à l’autre 🙂 Le nouveau salon dans lequel je suis me plait beaucoup et j’espère que ça continuera ainsi longtemps!
      Et toi tu en es où du coup?

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      1. Je te souhaite de le réussir ! Si tu vas dans le domaine artistique tu vas t’eclater avec les épreuves du bm ! Je te souhaite que ça continue dans ton salon, trouver un salon dans lequel on est bien c’est pas évident.

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