Devoir se justifier et assumer ses choix.

En ce moment, il y a UN truc qui me tape sur le système : les gens qui jugent mes choix, et auprès de qui je suis obligée de me justifier.

Je redécouvre ce que c’est que de travailler avec beaucoup de monde, et donc accepter d’être sociable et éventuellement devoir m’exprimer en public. Chose que j’avais carrément arrêté depuis plusieurs années, sachant que je n’ai jamais supporté la majorité des coiffeurs avec qui j’ai travaillé, qui étaient pour la plupart un rassemblement de clichés sur les gens un peu limités.

Ces gens là qui me soulent, sont ceux qui connaissent, à force de conversations, certaines facettes de mon mode de vie. Le problème, c’est qu’ils ont tellement intégré certains trucs de ma vie, que si jamais j’ai le malheur d’y déroger, c’est le gros bordel, et je suis obligée de me justifier. Du coup, tu vas me dire « non mais tu ne dois rien à personne, tu t’en fous, laisse pisser » et plein de trucs comme ça (avec lesquels je suis entièrement d’accord, au passage), en pratique, ce n’est pas aussi facile. Et c’est juste horrible.

Des exemples:

Depuis Janvier 2018, j’ai décidé de ne plus manger du tout de viande, et de limiter au maximum les produits animaux (que je nommerai POA pour abréger). Je ne mange donc plus de chair animale/poisson, je réduis au maximum tous les produits laitiers (fromage, je t’aime, mais ça ne durera pas éternellement. C’est dur je sais, mais c’est comme ça).

Ces personnes ont intégré que je suis végétarienne à tendance vegan quand je le peux, et même si je me ramasse souvent des critiques de la part d’une personne que je n’arrive vraiment pas à saquer (on va l’appeler Pétunia)(cela fera l’objet de plusieurs articles je pense), les autres personnes respectent et sont parfois d’une curiosité sympathique, et essaient de s’intéresser et de s’informer.

Le souci, c’est que si jamais je devais ramener pour mon repas du midi un plat (que j’ai préparé ou non) contenant du fromage par exemple, ou pire, du poisson, c’est la fin du monde, et je me ferais interroger de toutes parts, comme si je devais rendre des comptes. Idem si je parle du meilleur restaurant japonais dans lequel j’ai mangé les meilleurs sushis en Nouvelle Calédonie, pêchés au large du lagon.

« Mais je croyais que tu ne mangeais pas de poisson?? »

Que répondre à ça? Forcément, toute réponse est une justification.

Ou alors, le cas ou dans l’équipe, on se cherche un restaurant pour se faire une soirée tous ensemble. Pétunia, qui a le QI d’une moule (vraiment), parle d’un restaurant qu’elle a testé récemment, qui a vraiment l’air sympa.

« Les frites là bas sont vraiment délicieuses, faites dans de la graisse de canard! Tu viendrais bien avec nous hein Lucille? Ça va, c’est que la graisse, tu ne mangeras pas le canard, et avec tu prends 2 feuilles de salade, tu feras un effort 🙂 🙂 🙂 »

Pétunia, vas t’acheter un cerveau s’il te plait, et reviens seulement quand tu en auras trouvé un. Je ne mangerai pas tes frites cuites dans de la graisse animale, et je ne suis pas une rabat-joie. Tu ne forces pas une musulmane à manger du bacon parce que c’est délicieux, donc respecte moi au même titre s’il te plait. Ne m’impose pas ce que je dois manger pour te faire plaisir, parce que si je m’écoutais, tu serais en train de pleurer en te cachant sous ton bureau. Merci.

« Lol, Lucille elle se dit vegan maintenant »
« Tu crois que c’est vegan quand elle va au McDo? *rire hilare* »

Merci de ne pas m’inventer une vie s’il vous plait, et d’essayer de faire preuve d’intelligence. Ces pressions concernent tous les niveaux : du familial au professionnel. Les seuls qui me respectent sur ce plan là sont mes amis, et c’est grave.

Jusqu’à preuve du contraire, c’est moi qui ai décidé, toute seule comme une grande, de mon régime alimentaire. J’ai décidé de ne plus consommer de POA, et si je veux y déroger, c’est mon affaire : je ne dois de comptes à personne. J’ai déjà assez de culpabilité en moi dès que j’enfreins mes propres règles et principes, donc je n’ai pas besoin de subir des réflexions culpabilisantes en plus. 

* * *

Un autre cas de justification obligatoire? Le passage au numérique dans le travail. (oui, nous sommes en 2018, et la plupart des grandes entreprises passent au 0% papier depuis plusieurs années, sauf que la plupart de mes collègues ont une méconnaissance phénoménale de l’environnement et du numérique)

J’achète mes livres de cours en format numérique pour plusieurs raisons:

  • Pas envie de me trimballer 10 kilos de livres par jour dans un sac énorme, alors que je peux tout avoir sur mon iPad,
  • Les livres sont beaucoup moins chers en format numérique,
  • Tu peux y accéder de partout : ordinateur, tablette, téléphone,
  • C’est bien plus écologique de limiter le papier,
  • C’est beaucoup plus compact et pratique,
  • Je peux faire les annotations que je veux,
  • La recherche et la navigation sont bien plus pratiques que sur un format papier.

Quand ce sont de gros bouquins de droit, oui, tu n’as pas envie de tout te trimballer et de tout feuilleter jusqu’à trouver la page dont tu as besoin : tu tapes dans le moteur de recherche ce que tu veux et basta.

J’étais très contente quand le centre de formation m’a dit que je pouvais acheter mes livres en format numérique. Je l’ai beaucoup moins été quand on m’a dit que oui, j’ai le droit d’utiliser tous les documents que je veux pour mon examen, mais pas l’iPad en lui même (alors qu’on a quand même une connexion internet avec les ordis d’examen, pour chercher d’éventuelles nouvelles informations ou des jurisprudences). Oui, c’est illogique, mais on m’a expliqué les raisons et je les accepte. J’ai droit à une clé USB (parce que documents numériques acceptés, mais aucun moyen de communication) donc j’ai réussi à bidouiller le livre que j’ai acheté pour le sortir en PDF et l’avoir sur clé, donc problème résolu. (par contre, je ne te cache pas que j’en ai vraiment chié et que j’ai passé une bonne semaine à trouver comment convertir un format Kindle en PDF, malgré les verrous de sécurité). Mais malgré cela, j’ai encore eu droit à ces perpétuelles piques :

« Mouais, tu joues à la fille connectée mais là t’es baisée et tu dois passer format papier! »
« Le numérique ça a ses limites, t’as voulu faire ta maline et maintenant tu dois repayer un autre bouquin »
« C’était évident que tu n’aurais pas eu droit à l’iPad, pourquoi tu as voulu te faire remarquer parce que tu es geek »

(La notion de « je suis une geek » mérite un article, car c’est une autre pressions que je subis, autant que mon végétarisme)

* * *

Un dernier exemple pour la route. Tu sais peut-être que je coiffais à domicile. Et bien j’ai arrêté, et une procédure de rupture conventionnelle est en cours. J’ai informé mes clientes via Instagram que j’arrête. Et forcément, encore une fois, je dois me justifier, et comme obtenir l’approbation de mes clientes, qui pour certaines, en ont malgré ça rien à foutre de mes raisons, et qui pensent à leurs cheveux en priorité.

« Si tu arrêtes, c’est que ton affaire ne fonctionne pas, cela ne fait aucun doute.. »
« Si tu arrêtes, c’est que tu n’es pas spécialement douée, que ce n’est pas fait pour toi. »

Une des raisons principales pour lesquelles j’arrête? À cause des gens malsains. C’est tout. Burn out. Vos gueules, et rasez-vous la tête.

* * *

Donc à ces personnes là, qui trouvent toujours tout à critiquer sans cesse, qui exigent des personnes qui leur sont différentes des justifications en permanence:

  • C’est quoi votre problème?
  • Qu’est ce que vous voulez montrer ou prouver avec ces piques systématiques?
  • Est-ce que vous mesurez vos paroles?
  • Vous mettez-vous à la place de la personne que vous interrogez ou critiquez?
  • Quelle est l’utilité de ces questions?

Je ne comprends pas ces gens. Je ne sais pas d’ou vient ce manque de respect et de considération pour les autres. Et surtout, c’est une pression permanente à laquelle je dois faire face tous les jours, et qui est vraiment vraiment pesante, et qui peut avoir des conséquences, comme devoir s’isoler et ne plus supporter les rapports avec les autres (parce que si c’est pour être clashée, merci je préfère être seule) voire même pire pour les personnes les plus fragiles (hypersensibilité et Trouble Anxieux Généralisé, bonjour!). Il faut de sacrées épaules pour supporter cette sensation d’oppression, et plus ça va, plus je sens que l’endurance commence à devenir difficile parfois.

Arrêtez de vous entêter à abaisser les gens à votre niveau d’idiotie, vous rendrez un grand service à tout le monde. Et allez vous acheter une bienveillance. 🙂

2 réflexions sur “Devoir se justifier et assumer ses choix.

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s